Pendant la grossesse, certaines femmes n’osent pas poursuivre leur activité sportive, par peur des risques pour le bébé ou par méconnaissance des bons gestes. Pourtant, l’activité physique reste largement bénéfique. Quels sont les sports à privilégier ? Leurs bienfaits ? Les bons réflexes sportifs à adopter ? Réponses.

La grossesse s’accompagne de chamboulements physiques, physiologiques et hormonaux vécus différemment d’une femme à l’autre. Une certitude : bouger régulièrement est recommandé pour soulager les petits désagréments de la grossesse et la vivre plus sereinement, qu’on soit sportive ou non. « L’avis d’un gynécologue ou d’une sage-femme demeure un sésame indispensable au démarrage ou à la poursuite de toute activité sportive. Cela permet de s’assurer  qu’il n’existe aucune « contre-indication médicale absolue », telles  qu’un risque d’accouchement prématuré, de placenta praevia (localisation anormale du placenta), de retard de croissance intra-utérin ou encore de rupture prématurée des membranes », explique Marlène Barlier, sage-femme et professeure de Pilates pré-natal et post-natal au Cabinet Bien Naître à Vanves.

Sport et grossesse : un cercle vertueux

Chez June, studio de yoga à Nantes

Lucie Albert, 33 ans, est maman de deux filles de 4 ans et 20 mois. Runneuse et amatrice de cours collectifs, elle avait cru bon d’arrêter le sport lors de sa première grossesse. « J’avais l’idée fausse de ce qu’il fallait faire. Après la naissance de ma première fille, j’ai repris le sport et les cours de cross-training. En me renseignant et en découvrant des comptes Instagram de « fit mums », j’ai découvert qu’on pouvait tout à fait continuer le sport pendant sa grossesse, sauf contre-indication médicale », explique-t-elle.

Marlène Barlier confirme qu’il existe de nombreux bénéfices à tirer d’une pratique physique régulière. Elle en égrène la liste :

Ce cercle vertueux, Lucie l’a constaté enceinte de sa seconde fille, en s’entraînant jusqu’à ses 6 mois de grossesse. « Continuer le sport a retardé l’apparition de la fatigue et des douleurs de dos. Il m’a donné de l’énergie ! ». Sa routine sportive consistait à faire « du renfo , du cardio et des étirements », une à deux fois par semaine. « J’ai continué à courir et à aller à mes cours de cross-training. J’ai prévenu mon coach qui a adapté quelques mouvements. J’ai évité la corde à sauter et les abdos qui me faisait mal au ventre. Mais j’ai pu continuer sans problème tous les exercices plus légers, » raconte-t-elle. Lucie vante l’impact « hyper positif » de la pratique sur « l’estime de soi » :« J’étais fière de pouvoir continuer le sport pendant la grossesse et de montrer aux autres que je continuais. J’ai beaucoup communiqué autour de moi sur le fait que c’est possible et qu’il faut le faire. »

Pauline, maman de Romy, 7 mois, prêche, également auprès de son entourage féminin, les atouts du sport pendant la grossesse. Elle mixait yoga, yoga-prénatal et aquabike : « J’ai pratiqué jusqu’au bout, jusqu’à 8 mois et demi de grossesse, car j’ai accouché en avance. Je faisais de l’aquabike quatre jours avant mon accouchement », raconte-t-elle. Cette passionnée de yoga estime avoir puisé dans ces habitudes sportives un gain d’énergie et une plus grande souplesse. « J’ai apprécié les étirements pour contrer les petits maux de la grossesse, comme la sciatique. C’était agréable de continuer à bouger et me sentir bien dans mon corps, active. Lors du cours de yoga prénatal, j’ai aimé les petits conseils, en vue de l’accouchement. Par exemple, les postures qui soulagent lors des contractions ou qui aident dans la vie quotidienne enceinte (bien se relever, utiliser le coussin d’accouchement pour dormir confortablement, etc.)».

Sports et grossesse : les bons réflexes

Chez June, studio de yoga

Quels que soient ses choix sportifs, Marlène Barlier détaille les bons réflexes pour s’entraîner sans risque :

« Si chaque grossesse est différente, il reste une constante : adapter la pratique sportive et être à l’écoute de ses ressentis, c’est primordial », insiste la sage-femme. Un conseil suivi par Pauline et Lucie. « Il faut se faire confiance, estime Pauline. Une fois qu’on a le feu vert de son médecin, vous pouvez continuer à faire du sport, à condition d’être bien encadrée et à votre rythme. C’est aussi le bon moment pour découvrir de nouveaux sports comme le yoga et le Pilates », suggère-t-elle. Lucie abonde dans le même sens : « il faut s’écouter sans se mettre de pression ».

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